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L'archive du mois d'avril 2018 !

L'archive du mois d'avril 2018 !
Lumière sur...Quatre faits insolites qui ont marqué l'histoire de Lège-Cap Ferret.
Publié le mardi 03 avril 2018

LES ARCHIVES COMMUNALES DE LÈGE-CAP FERRET ONT POUR VOCATION DE CONSERVER LES ARCHIVES PUBLIQUES, MAIS AUSSI DES DOCUMENTS PRIVÉS, UNIQUES ET PARFOIS PERSONNELS. TOUS LES MOIS, DÉCOUVREZ UN DOCUMENT INÉDIT SUR VOTRE COMMUNE ! PAR SON INTÉRÊT HISTORIQUE, SON ASPECT ESTHÉTIQUE, OU SON ORIGINALITÉ, CE DOCUMENT TÉMOIGNE DE LA MÉMOIRE LOCALE.

Lumière sur… Petits faits insolites

Ce mois-ci, nous vous entraînons dans les dédales de la petite histoire de Lège-Cap Ferret. Car la Grande Histoire est aussi faite de centaines de petites histoires, de faits exceptionnels et insolites, sortant de l'ordinaire. Peut-être les connaissez-vous ?

Quatre évènements sont à l’honneur : le vol d’or et d’argent du Pacific en 1843, la venue de Jacinthe Guibout en 1979, le titre de Meilleur Ouvrier de France 1979 d’Albert Valette, et une tortue luth échouée en 1984.


Le vol du Pacific en 1843

réhabilitation

En 1843, Le Pacific, un brick américain parti de Bordeaux, fait route vers Porto Rico, chargé de barils de salaison, d’eau de vie, d’or et d’argent. Lors d’une violente tempête dans le Golfe de Gascogne le 14 janvier, il se brise entre le poste de la Douane dit du Gressier au Porge et le poste du Crohot sur la commune de Lège.

L’équipage est sain et sauf, à l’exception d’un marin qui s’est noyé. Le capitaine est sauvé par Pierre Ducamin, l’aîné de trois frères. Au cours des travaux de déblaiement du navire, certains hommes en profitent pour piller les précieuses ressources de l’épave. La quasi-totalité du trésor est finalement retrouvée au cours de l’instruction. Une vingtaine de personnes d’Arès et de Lège sont condamnées pour vol en 1844. Parmi elles se trouvent Jean Ducamin, dit Cadichon (18 mois), Pierre Lagueyte (8 mois), et Jean Lacaze (6 mois).

Demande de réhabilitation, délibération du 19 mars 1871 (fonds mairie)

L’affaire refait surface dans la commune de Lège à deux reprises lors de la demande de réhabilitation formulée par les condamnés. Le 10 avril 1859, le Conseil Municipal de Lège se réunit en séance extraordinaire après avoir reçu trois lettres du Préfet qui leur demande de délibérer « avec justice » sur trois points précis :  1° la durée de leur résidence dans la commune, 2° sur la conduite qu’ils y ont tenu, 3° leurs moyens d’existence.

Après avoir délibéré, le Conseil atteste:

qu’ils ont toujours demeuré dans la commune de Lège, atteste en outre que leurs moyens d’existence sont assez nombreuses pour les mettre à l’abri du besoin ; ensuite, examinant attentivement si les trois surnommés avaient démérité dans l’estime du pays par une conduite équivoque, ne trouve rien à redire sur leurs actes, et qui ait pu donner lieu à des plaintes ; il opte par conséquent pour leur réhabilitation. 

Douze ans plus tard, le 19 mars 1871, une attestation similaire est fournie auprès du Préfet. Le maire et ses conseillers municipaux confirment :

1. que les sieurs Jean Ducamin, Jean Lacaze et Pierre Lagueyte ont toujours habité la commune de Lège depuis leur libération.
2. que leur conduite a toujours été irréprochable.
3. que leurs moyens d’existence consistent dans la profession de cultivateurs et propriétaires dans ladite commune de Lège.

   


Jacinthe Guibout à Lège en 1979

jacinthe

Le 23 juillet 1979, un grand concours hippique se déroule à Lège. Parmi les concurrents figure Jacinthe Guibout qui n’est autre que la fille cadette de Valéry Giscard d’Estaing, Président de la République à l’époque. Jacinthe Giscard d'Estaing, devenue Mme Guibout le 7 avril 1979, monte un cheval nommé Cabara appartenant à son père. Elle commet seulement deux fautes lors de son parcours.

Jacinthe Guibout, 57 ans, est décédé le 16 janvier dernier des suites d'une longue maladie. Cette passionnée d'équitation a créé le Paris Horse Show et Poneyland, un groupe gérant plusieurs poney-clubs. Elle a également organisé pendant près de vingt ans le Jumping de Bercy. Depuis 2004, elle était la commissaire générale du Generali Open de France à Lamotte-Beuvron, dans le Loir-et-Cher.

« Deux fautes pour Jacinthe », Sud-Ouest du 23 juillet 1979, photo JF Grousset (fonds mairie)

 

 

 


Albert Valette, Meilleur Ouvrier de France 1979

valetteCe n’est pas tous les jours que l’on fête un Meilleur Ouvrier de France, encore moins que l’on en devient un. Albert Valette, habitant de Piraillan, reçoit la prestigieuse distinction en 1979 dans la catégorie « Charpente, construction bois ».

Afin de valoriser les métiers manuels, Lucien Koltz, critique d’art et journaliste, propose de créer une exposition nationale d’artisans en 1913 à l’issue de laquelle seraient désignés les Meilleurs Ouvriers de France. Le projet se concrétise lors de l’organisation d'une première Exposition nationale du Travail à Paris en octobre 1924. Depuis plus de 90 ans, il met à l’honneur tous les 3 ou 4 ans l’excellence et le savoir-faire dans plus de 200 métiers manuels.

« Albert Valette, Meilleur ouvrier de France, honoré », Sud-Ouest du 20 décembre 1979, photos Annie Peyras (fonds mairie)

Albert Valette, charpentier et Compagnon, est récompensé pour son chef-d’œuvre sur le thème des charpentes de châteaux. Il nous explique son œuvre :

valette3Je l'ai réalisé en bois de tilleul, qui est un bois à la fois mi-dur et souple. Les coupes sont franches et nets de scie, et tout est collé, pas cloué. Cela représente près de 1200 heures de travail prises sur les soirées, les weekends. En participant à ce concours, j'ai voulu rendre hommage à mon professeur, Pierre Ferbos, qui a été Meilleur Ouvrier de France en 1936. Il était très heureux que je fasse le concours.

Photographie du chef-d’œuvre de M. Valette en 1979 (fonds mairie)

Le 20 décembre 1979, une fête est organisée en son honneur par la municipalité de Lège à laquelle participent de nombreux habitants et personnalités : Pierre Lataillade, député de la 7ème circonscription de la Gironde ; M. Renaud-Bordas, organisateur du concours ; Pierre Ferbos, président de la Fédération des Compagnons. Au cours de ce vin d’honneur, Robert Cazalet, maire et conseiller général, et M. Lanau, président départemental des Meilleurs Ouvriers de France, lui remettent respectivement la médaille d’or de la ville puis l’insigne du Meilleur Ouvrier de France.

Le 24 février 1980, comme le veut la tradition, les Meilleurs Ouvriers de France de la XVème promotion sont officiellement récompensés par le Président de la République Valéry Giscard d’Estaing en personne. Le Président leur remet la cravate de Meilleur Ouvrier de France au grand amphithéâtre de la Sorbonne. Les dix-sept lauréats sont ensuite reçus lors d’une réception à l’Elysée.

 


une tortue luth en 1984

tortueCourant novembre 1984, une tortue Luth est découverte morte sur la plage du Grand Crohot. C’est un phénomène rare, d’autant plus qu’il s’agit de la plus grande tortue marine actuellement connue dans le monde. Son poids moyen est de 500 kg, elle dépasse 2 mètres en longueur et ses pattes antérieures forment de larges nageoires qui peuvent atteindre près de 3 mètres d’envergure. Plus récemment, deux autres tortues luth se sont échouées sur les plages de la commune.

La tortue luth de 1984 (fonds Denise Descot)

L’histoire de nos côtes est émaillée d’échouages d’animaux marins, exceptionnels pour certains d’entre eux, comme le relate la presse de l’époque. Une baleine à bosses, appelée aussi poisson de Jupiter, est retrouvée échouée au Cap Ferret en mars 1909. La femelle est vraisemblablement morte en mettant bas sur la côte. Ses dimensions sont impressionnantes : 21 mètres de long, 4 mètres 55 de diamètre et 8 mètres d’ouverture de bouche. Elle est vendue à un industriel, M. Tournier, pour exploitation de sa graisse. En août 1931, L’Avenir d’Arcachon rapporte la capture d’un « poisson extraordinaire » devant l’hôtel Chantecler à Grand Piquey :

Les vieux marins déclarent qu’on n’en a jamais vu de semblables dans les eaux du Bassin. La tête est arrondie comme celle d’une lune, sur le dos une longue arête qui lui sert de dard, des dents de lapin, une peau grise, sans écailles. Tout l’aspect d’un petit monstre sous-marin.

Ce poisson se révèle être un baliste qui est « parait-il excellent à manger ».

 


Remerciements

Un grand merci à M. Albert Valette et sa famille qui nous ont accordé de leur temps pour nous raconter leurs souvenirs du concours du Meilleur Ouvrier de France.

 


Votre histoire, notre mémoire

“Les souvenirs d’un homme constituent sa propre bibliothèque.”
Aldous Huxley, écrivain anglais (1894-1963)

 

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Service des archives
79 avenue de la Mairie, Lège bourg
archives.ad@legecapferret.fr
05.57.17.07.80

 

Sources et références

  • Les Archives municipales de Lège-Cap Ferret
    -    Délibérations du Conseil Municipal de Lège
    -    Revue de presse 1978-1980
    -    Côte et Terre n°4, 4ème trimestre 2006
    -    Photographies (fonds Denise Descot, fonds mairie)
  •  Gallica, la bibliothèque numérique de la BNF
    -    L’Avenir d’Arcachon du 2 août 1931


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