Accueil
Accueil Menu

L'archive du mois de décembre 2018 !

L'archive du mois de décembre 2018 !
Retour sur l'incendie d’août 1937, à l’origine de la création de la section municipale des pompiers de Lège.
Publié le mardi 04 décembre 2018

LES ARCHIVES COMMUNALES DE LÈGE-CAP FERRET ONT POUR VOCATION DE CONSERVER LES ARCHIVES PUBLIQUES, MAIS AUSSI DES DOCUMENTS PRIVÉS, UNIQUES ET PARFOIS PERSONNELS. TOUS LES MOIS, DÉCOUVREZ UN DOCUMENT INÉDIT SUR VOTRE COMMUNE ! PAR SON INTÉRÊT HISTORIQUE, SON ASPECT ESTHÉTIQUE, OU SON ORIGINALITÉ, CE DOCUMENT TÉMOIGNE DE LA MÉMOIRE LOCALE.


Affiche exposition Lège-Cap Ferret dans la Grande Guerre

Dernière semaine pour visiter l’exposition « Lège-Cap Ferret dans la Grande Guerre » ! Labellisée par la Mission Centenaire, cette exposition met en lumière l’histoire de la commune pendant la Première Guerre mondiale, le sacrifice de ses soldats partis au front, les efforts de leurs familles restées à l’arrière et le soutien apporté par les troupes alliées. Vous avez jusqu’au samedi 8 décembre inclus pour la voir !

Exposition 14-18

Lège-Cap Ferret dans la Grande Guerre

Archives Municipales de Lège-Cap Ferret, parvis de la mairie de Lège

Du lundi au samedi, 10h à 12h puis 14h à 17h



Lumière sur… L’incendie de 1937

Ce mois-ci, retour sur le gigantesque incendie d’août 1937. Après avoir réduit en cendres des hectares de pins et menacé les habitations des villages de la Presqu’île, cet incendie est à l’origine de la création de la section municipale des pompiers de Lège.


L’incendie de 1937

Extrait du livret journalier du garde Fernand Bruant (fonds ONF, Archives municipales de Lège-Cap Ferret)L’été 1937 est marqué par de nombreux incendies dans le Sud-Ouest, favorisés par une chaleur et une sécheresse exceptionnelles. Que ce soient les Landes, le Médoc ou encore le Bassin d’Arcachon, aucun territoire n’est épargné.

Au cours de la nuit du 6 au 7 août 1937, un incendie se déclare dans la forêt de Lège. L’alerte est donnée vers 5h30 le samedi matin. Fernand Bruand, garde des Eaux et Forêts à la maison forestière de Piquey, écrit dans son livret journalier : Vers 5h30, le brigadier nous informe un feu en forêt. Nous sommes partis aussitôt pour situer la position de l’incendie qui s’était pris dans la lette du Pigeon appartenant à M. Lesca. Probablement causé par la foudre, il s’étend rapidement sur plusieurs hectares en direction du Cap Ferret.

Extrait du livret journalier du garde Fernand Bruand (fonds ONF, Archives Municipales de Lège-Cap Ferret)

Vers midi, l’incendie gagne en profondeur vers l’océan. La troupe est appelée. Les soldats du génie, aidés par la population, tentent de circoncire l’incendie. Malgré leurs efforts, il redouble d’intensité vers 21 heures et s’étend sur 17 km en s’avançant vers le Cap Ferret. Le rougeoiement des flammes est visible de Bordeaux.

Le Matin, 9 août 1937 (Retronews)Le Matin du 9 août 1937 (Retronews)

Les soldats du génie et la population tentent de maîtriser l’incendie à l’aide de branchages.

Certaines maisons sont menacées, les habitants et estivants quittent les villas, les malades du sanatorium sont évacués en toute hâte. Le 8 août, à deux heures du matin, la situation est particulièrement angoissante : les flammes ne sont plus qu’à deux ou trois cent mètres des maisons de Claouey, des Jacquets, du Grand et de Petit-Piquey, et ce sont cette fois tous les habitants de ces villages qui s’apprêtent à fuir.

C'est encore un orage qui, comme il l'a déclenché, éteindra l'incendie au matin du 8 août :

Et voici le salut… C’est sa nature elle-même qui devrait réparer ce que ses éléments déchaînés avaient créé. L’orageuse torpeur qui pèse sur les hommes et les choses s’appesantit. Des éclairs sillonnent la nue, le tonnerre gronde. L’espoir déjà revient dans les cœurs. Mais qu’elle tarde, cette pluie bienfaisante, qui seule a le pouvoir de calmer la furie des flammes. Enfin, voici les torrents du ciel. La lutte de l’eau et du feu devient, ici, grandiose, gigantesque. Il est une heure et demie lorsque tombent les premières gouttes. Une heure après, le feu est vaincu.(La Petite Gironde, 9 août 1937)

Le Petit Journal, 12 août 1937 (Retronews)La journée de dimanche est vécue dans l’angoisse d’une reprise du feu. A juste titre. Le lendemain après-midi, le feu se déclare à nouveau dans la forêt de Claouey. La gendarmerie et les pompiers de Bordeaux, épaulés par 100 fantassins, parviennent à le maîtriser dans la soirée. L’envoyé spécial du Petit Journal, missionné pour couvrir un reportage sur les traces du premier incendie, assiste au second désastre.

Le Petit Journal du 12 août 1937 (Retronews)




Les conséquences

1D7 1937 1949 0009L’industrie locale de la forêt est grandement touchée par l’incendie de 1937. Le feu s’est étendu sur près de 15 km de profondeur et 7 à 10 km de largeur. La commune a perdu 90 hectares de bois, représentant une perte de 325 000 francs et 10 000 francs de revenus annuels. Le 15 août, le Conseil Municipal de Lège décide de rémunérer les résiniers dont les fûts de résine ont été incendiés dans les mêmes conditions qu’avant l’incendie. Le 29 septembre, il autorise les particuliers à acheter les cimes de pins incendiés et fixe les conditions de vente suivantes : 10 cordes maximum pour chaque chef de famille, 5 francs la corde. Les 91 000 francs récoltés sont loin d’être suffisants, ils ne représentent seulement qu’un quart de la valeur réelle du bois. Le Conseil demande alors une subvention au titre des calamités.

Délibérations du Conseil Municipal de Lège concernant l’incendie de 1937, 12 décembre 1937 (Archives Municipales de Lège-Cap Ferret)

La municipalité doit aussi payer les autres frais engendrés par l’incendie, à commencer par les hommes venus le combattre :

-    476 francs pour l’intervention des sapeurs-pompiers de Bordeaux

-    4 288 francs et des poussières aux militaires de la 18ème région

-    100 francs par jour accordés aux attelages de mules (Parmi eux, MM. Goubet, Darbo, Lesca et Germain refusent toute rémunération.)

0001 (16)Du côté du Cap Ferret, section appartenant à la commune de La Teste à cette époque, les édiles doivent faire face aux mêmes préoccupations que leurs voisins du nord : payer les frais et anticiper les prochains incendies. Le 9 septembre 1937, dans une lettre adressée au Préfet de la Gironde, l’adjoint au maire de La Teste proposition la création d’une zone de protection dans les lotissements forestiers afin de parer les éventuels risques d’incendie. Le 12 novembre 1937, le Conseil Municipal vote un crédit de 6 000 francs pour faire face aux diverses dépenses et factures à payer. Parmi ses frais, la commune doit dédommager Monsieur Achard dont la propriété de Piraillan a subi plusieurs dégâts causés par un camion militaire transportant des troupes réquisitionnées.

Courrier de l’adjoint au Maire de La Teste à propos de la propriété Achard, 24 juin 1938 (Archives Municipales de La Teste de Buch)


La naissance des pompiers de Lège

Remettre en état le matériel de la commune est une première étape dans la lutte contre les futurs incendies. Trois pulvérisateurs à dos d’hommes sont achetés en septembre 1938. Le 23 octobre 1938, « considérant que la période 1936-1937 pendant laquelle les sinistres ont causé de graves dommages aux biens communaux et particuliers prouve la nécessité d’une telle création », le Conseil Municipal de Lège décide de transformer le groupement libre de sapeurs-pompiers déjà existant en une section municipale. Le corps se compose de 24 hommes, à leur tête M. Crampe, conseiller municipal, à leur disposition trois pompes à incendie et 3 tonnes. Près de 33 500 francs sont nécessaires pour la création de ce corps de pompiers, entre les frais d’habillement, l’achat de matériel (auto-pompe, appareils portatifs, extincteurs) et d’articles de bureau.


Votre histoire, notre mémoire

“Les souvenirs d’un homme constituent sa propre bibliothèque.”

Aldous Huxley, écrivain anglais (1894-1963)

Vous avez des photos, des documents sur les pompiers de Lège, peut-être même des tout premiers pompiers municipaux ? Venez partager vos souvenirs ! Vous pouvez contribuer à enrichir les fonds des Archives Municipales (don ou prêt pour numérisation) !

Contactez-nous !

Service des archives

79 avenue de la Mairie, Lège bourg

archives.ad@legecapferret.fr

05.57.17.07.80


Sources et références

  • Les Archives municipales de Lège-Cap Ferret

-    Délibérations du Conseil Municipal de Lège

-    Fonds ONF

  • Les Archives municipales de La Teste-de-Buch

-    Délibérations du Conseil Municipal de La Teste

  • Retronews

-    Le Matin du 9 août 1937

-    La Petite Gironde du 9 août 1937

-    Le Petit Journal du 12 août 1937

 

Retrouvez toutes nos archives du mois sur cette page

Création site Internet mairie